dimanche 14 février 2010

THIS PROPERTY IS CONDEMNED - 1966

Le Mississipi dans les années 30.

Alva est convoitée par tous les cheminots de la région. Elle rêve du Prince Charmant et celui-ci se présente en la personne d’un envoyé de la Compagnie des chemins de fers, Owen, chargé de procéder à des mesures de licenciements. Alors même que tous les siens le rejettent, elle se donne à lui, par défi. Sa mère réussit à la marier, contre son gré. Elle s’enfuit le lendemain des noces et rejoint Owen à la Nouvelle-Orléans. Leur bonheur sera de courte durée…

Tiré d’une pièce de Tennessee Williams, ce film confirmait les talents conjugués d’un scénariste, Francis Ford Coppola, d’un acteur, Robert Redford, et surtout d’un metteur en scène, Sydney Pollack, qui tous allaient marquer de leur empreinte les années 70.

Sous l’apparence d’une banale Love Story Sudiste, ce splendide mélodrame ouvrait une ère nouvelle du romantisme hollywoodien.

Sydney Pollack n’a pas son pareil pour décrire les élans romantiques à fleur de peau sur fond de crise sociale.

Natalie Wood racontant ses rêves, s’inventant un monde parfait ou courant à perdre haleine vers son amant dans les rues de la Nouvelle-Orléans, c’est le triomphe du cœur sur les compromissions de l’existence.

C’est le premier film de Pollack dans lequel il décrit l’Amérique d’aujourd’hui en la filmant au passé.

samedi 13 février 2010

THE NEW HOLLYWOOD ( IV )

American Graffiti

Après THX 1138, Lucas était à la croisée des chemins. Coppola lui conseilla " Ne sois pas si bizarre, essaie de faire quelque chose d'humain. Tu ne fais que de la science fiction. Tout le monde pense que tu es un poisson froid. Fais un film chaleureux et drôle." Marcia lui disait exactement la même chose. Coppola ne voulait faire que des films abstraits parce qu'il pensait que c'était trop facile de réaliser des films émouvants.
Finalement, il dit à Marcia : "Je vais te montrer comme c'est facile.
Je vais faire un film qui va faire appel aux émotions du public".
Lucas s'était aperçu que Hollywood laissait de côté un public lassé de ce flot ininterrompu de sexe, de violence et de pessimisme distillé par la Nouvelle Vague du New Hollywood."
Avant American Graffiti, je travaillais avant tout sur des films négatifs. Je me suis rendu compte que les années 60 avaient effacé tout l'héritage de la période qui a suivi la seconde guerre mondiale. Maintenant, on s'asseyait dans un coin et on prenait de la drogue. Je voulais préserver ce qu'avait été l'adolescence pour une certaine génération d'Américains entre environ 45 et 62."

Le film fut tourné en 28 jours. La direction d'acteurs était quelque chose qui inquiétait Lucas. Il n'avait pas la moindre idée de ce qu'il fallait leur dire. Il finit par engager un répétiteur de théâtre pour travailler avec eux pendant que lui se planquait derrière sa caméra. Verna Fields monta le film avec les Lucas dans le garage d'une des maisons de Coppola dans la Mill Valley. Sur la table de mixage, Coppola avait scotché des photocopies des chèques de plusieurs millions de dollars envoyés par Paramount après la sortie du Parrain.